GREVE SNCF

La grève de la SNCF est "inutile" pour Gérard Larcher
PARIS - Le ministre délégué à l'Emploi Gérard Larcher a critiqué mardi "une grève inutile" à la SNCF et mis en garde contre la "fragilisation" de l'entreprise. "Il y a des grèves-message qui s'adressent à des futurs congrès d'organisations syndicales: je pense que c'est une grève inutile", a-t-il déclaré sur RMC-Info. "Aujourd'hui, les réponses ont été apportées aux salariés par Dominique Perben et Louis Gallois". Face aux craintes des syndicats quant à la privatisation de la SNCF, Gérard Larcher a prévenu qu'"il ne faut pas se tromper de débat". "La SNCF pourrait mourir bien qu'elle soit une entreprise publique". "Aujourd'hui voilà une entreprise qui redégage quelques dividendes et les réinvestit dans la modernisation de son réseau y compris secondaire", a-t-il expliqué. "Si les concitoyens perdent confiance dans cette capacité qu'a la SNCF de bien nous transporter, on fragilise considérablement l'entreprise". Interrogé sur la lettre du ministre des Transports Dominique Perben et du Premier ministre Dominique de Villepin écartant toute privatisation, le ministre délégué à l'Emploi a précisé que "c'est un rappel d'une position qui est celle du gouvernement". Si "la SNCF a vocation à rester une entreprise publique, qui doit faire face à la concurrence, aujourd'hui nous ne pouvons pas supporter une SNCF qui ne s'adapte pas, notamment à un moment où nous devons utiliser le rail comme alternative à la route", a-t-il conclu. SNCF: FO demande à Dominique Perben de revenir "sur certains projets"
PARIS - Le secrétaire général de Force Ouvrière Jean-Claude Mailly a demandé mardi au ministre des Transports Dominique Perben de "revenir sur certains projets" de la SNCF pour mettre un terme à la grève. "Ce n'est pas un plaisir de faire grève (...) Cette grève est liée à la crainte d'une privatisation rampante de la SNCF, plus des problèmes d'emploi et de pouvoir d'achat", a-t-il expliqué sur RTL. Réaffirmant que "la privatisation avance masquée", Jean-Claude Mailly a souhaité que Dominique Perben, qui a adressé une lettre aux syndicats assurant que la SNCF ne serait pas privatisée, prenne "des engagements" notamment "qu'il revienne sur certains projets y compris la filialisation". "De plus en plus, il y a recours au privé, c'est cela qui ne va pas", a expliqué le leader syndical. "Il vaut mieux crier avant que le jour où on aura le projet de loi". Pour le secrétaire général de FO, "il y a un problème de fond qui concerne la SNCF comme l'ensemble du service public: est-ce que demain on sera encore dans une République, (...) si petit bout par petit bout, le service public est remis en cause?". "A force de coups de canif, de privatiser, on ne sera plus dans une République et qu'on ne nous fasse pas le cinéma en 2007", a-t-il lancé. Interrogé sur la poursuite de la grève, M. Mailly a rappelé que ce sont "les fédérations de cheminots qui décideront de leur comportement en fonction de la réussite du mouvement aujourd'hui, et en fonction de ce qu'ils obtiendront de la direction de la SNCF". Quant au service minimum, "c'est une volonté de remettre en cause le droit de grève", a affirmé le secrétaire général de FO. Et de citer la décision du TGI de Marseille sur la RTM qui "a considéré à partir d'un tract qu'une grève est politique".