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L'HUITRE QUE L'ON VA CHERCHER AVEC ... UN SCAPHANDRE

jean-jacques rolland

 L'huître vendue par Christine Follet est unique en France. Cette femme scaphandrier possède en effet une concession ostréicole en eau profonde au large de Fermanville (Manche).

"C'est beau de vivre de sa passion". La quarantaine pétillante, Christine Follet est une femme pour le moins originale. Scaphandrier de métier, elle a "passé une partie de (sa) vie à faire de la soudure sur des piles de ponts, à travailler en eaux profondes pour les travaux publics". Elle décide un jour de tout plaquer pour être plus présente auprès de ses filles.

C'est donc à Fermanville qu'elle s'installe et décide de reprendre ses études pour obtenir son diplôme aquacole. "Ca n'a pas été facile de dire aux Affaires maritimes que j'étais une femme, que je voulais prendre une concession ostréicole en pleine mer et que j'allais chaque jour descendre en scaphandre pour m'occuper de mes huîtres".

Christine avoue avoir été prise pour une folle au début de son aventure. "Mais, aujourd'hui, tout le monde reconnaît que mes huîtres ont un goût unique".

Et chaque week-end, elle les propose sur la place du marché de Fermanville. On vient souvent de loin pour découvrir "La Belle fermanvillaise" et les commandes avec des expéditions dans toute la France pour particuliers et tables de restaurateurs se multiplient.

Ses huîtres élevées en poche vivent à dix mètres de profondeur sur neuf tables de cent mètres de long. Chaque jour, Christine descend en scaphandre pour retourner les poches, enlever les algues et remonter sa marchandise jusqu'au bateau en surface que pilote son père.

Avec une production annuelle de 20 tonnes, Christine est heureuse de faire une huître de qualité produite selon une technique unique en France. "Du fait qu'elle vit toujours en eau profonde, elle est plus iodée au goût, est plus propre et s'ouvre plus facilement car le muscle adducteur fonctionne moins que celui des huîtres qui sont sans cesse sous l'eau et découvertes à marée basse".

"La Belle fermanvillaise" passe un an et demi en mer avant d'être consommée, "c'est moitié moins de travail qu'une huître normale, je gagne donc un an sur le cycle d'élevage", ajoute Christine qui avoue aussi être braconnée, comme ses collègues.

Mais là, les braconneurs sont forcément des plongeurs expérimentés puisque les parcs de Christine situés à 800 mètres du rivage reposent dix mètres sous le niveau de l'eau dans l'anse de la Mondrée.

 

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