L'AUTRE COMMUNISME
Un poing levé. Des manifestants qui brandissent des drapeaux rouges et chantent l'Internationale. Ainsi s'ouvre le film "Beau masque", adaptation pour France 2 du roman éponyme de l'écrivain communiste Roger Vailland, publié pour la première fois en 1954.Comme le roman, le film dépeint avec subtilité les rapports tumultueux entre les passions humaines et les engagements idéologiques, entre riches et pauvres, entre patrons et ouvriers.
Arrivé par hasard à Saint-Quentin (Aisne), petite ville industrielle du nord de la France, "Beau masque" a le coup de foudre pour Pierrette, "passionaria" du communisme et du syndicalisme, qui demeure dans le local même des réunions de cellule, sous un grand portrait de Staline. Philippe Letourneau (Thomas Jouannet), élevé, malgré lui, au rang de patron de l'usine, aime lui aussi Pierrette, qui ne l'aime pas. Quand à la demi-soeur de Philippe, Nathalie Empoli (Gaëla Le Devehat), riche, fantasque et devergondée, elle aime Philippe, qui ne l'aime pas.
Déchirée entre son amour pour Staline et le parti, et son amour pour Beau masque, Pierrette émerge de ce tourbillon où s'affrontent le monde des réunions de cellules, où l'on prépare un cadeau pour Staline, et celui des réceptions au château, où se complotent les licenciements. "Si Pierrette a peur que cette histoire la déstabilise dans son combat syndical, elle finit quand même par se laisser apprivoiser", note Julie Debazac.
C'est la deuxième adaptation filmée de "Beau masque", après celle de Bernard Paul, en 1972. Mais Peter Kassovitz assure qu'il s'est borné à lire le livre et qu'il a évité de voir ce premier film.
