NICOLAS SARKOZY TENTE DE SEDUIRE LES ARTISTES

Alors que le monde des arts penche traditionnellement à gauche, le président de l'UMP Nicolas Sarkozy s'est attaché mardi à séduire les artistes, à l'occasion de la convention de l'UMP sur la culture, au théâtre du Palais Royal à Paris. "Dans le fond, et si on était fait pour s'entendre?", leur a-t-il lancé. En présence du ministre Renaud Donnedieu de Vabres, M. Sarkozy a plaidé pour une sanctuarisation du budget de la Culture, le développement du mécénat, le renforcement des "obligations culturelles" des chaînes audiovisuelles publiques et dénoncé la "licence globale" dans le débat sur les droits d'auteur sur Internet. Le président de l'UMP s'est fixé un "objectif": "que la France soit de nouveau une terre qui brille". Pour cela, il faut que "le fameux 1%" que représente le budget de la Culture dans le budget global soit "au minimum sanctuarisé, voire augmenté". Nicolas Sarkozy a vigoureusement dénoncé le manque d'émissions culturelles sur les chaînes publiques. La chaîne franco-allemande "Arte fait office d'alibi de politique culturelle audiovisuelle", a-t-il déploré. Le président de l'UMP veut donc "renforcer les obligations culturelles" des chaînes publiques. "S'il y a une redevance, c'est pour (les) déconnecter des recettes publicitaires et des obligations d'audimat", a-t-il rappelé. Revenant sur le débat sur la protection des droits d'auteur sur Internet, Nicolas Sarkozy a redit son opposition à la "licence globale". Cette légalisation de l'échange de fichiers en "peer to peer" (ou P2P) en contrepartie d'un forfait mensuel payé par l'internaute au fournisseur d'accès avait provoqué la colère des artistes. "La culture gratuite, au sens où on ne rémunère pas le créateur, je ne l'accepte pas", a-t-il réaffirmé. "Nous avons un système de droits d'auteur qui doit être préservé (...) La licence globale va à l'encontre de la diversité culturelle" car elle est "économiquement inconciliable avec la création". "La polémique s'est beaucoup apaisée" et "je ne doute pas que lorsque ton texte, Renaud, reviendra au Parlement (début mars, NDLR), il sera adopté dans un climat bien apaisé", a-t-il ajouté. Au nom de la réduction du nombre de ministres, Nicolas Sarkozy a par ailleurs proposé de fusionner ceux de la Culture, de l'Education et de la Communication en une seule personne. Plus globalement, il a fustigé "l'avant-gardisme systématique" dans le monde culturel français et les spectacles financés sur fonds publics qui se déroulent "devant des salles vides". "Je vais passer pour un butor", mais "il faut respecter le public", a-t-il lancé, en défendant la "notion de culture populaire", délaissée selon lui "au bénéfice d'une arrogance, d'une prétention et d'un avant-gardisme mal digéré". Si les aides à la création et au spectacle vivant "sont indispensables", "le modernisme et la nouveauté ne sont pas les seuls critères de l'esthétique". M. Sarkozy a donc proposé que l'attribution des ces aides soit confiée à "des agences indépendantes" composées "de représentants des artistes professionnels et du public". Evoquant la réforme du système d'assurance-chômage des intermittents, le président de l'UMP a souhaité un système "qui réprime les abus et assure à nos artistes un niveau de vie digne". "Il nous faut trouver un équilibre". Et "si la négociation échouait (...), le Parlement devrait prendre ses responsabilités". Pour accroître le rayonnement de la France à l'étranger, Nicolas Sarkozy a aussi proposé de "réduire les effectifs de nos ambassades dans l'Union européenne au profit d'une plus forte présence culturelle". Mais "on a encore 15 mois pour parler de tout ça" d'ici la présidentielle de 2007, a-t-il conclu. "Et j'espère qu'on aura ensuite cinq ans pour le mettre en pratique!".