UN PSYS SE PENCHE SUR LA PRESSE PEOPLE
Inutile de se sentir coupable de regarder une série télévisée bien sentimentale ou de se complaire dans les pires potins de la presse people: il s'agit d'un mécanisme ancestral de survie parfaitement honorable, selon des spécialistes de la psychologie du comportement.
Une équipe de psychologues de l'université de Saint-Andrews (Ecosse) a établi une série de tests basés sur le principe du "téléphone arabe" et la transmission en chaîne de l'information: quatre textes différents sont soumis à dix volontaires, à qui l'on demande de retranscrire par écrit ce qu'ils ont pu mémoriser.
Le fruit de leur travail est ensuite soumis à une nouvelle équipe de volontaires, qui consignent à leur tour ce dont ils se souviennent et ainsi de suite, le processus étant répété quatre fois, explique l'hebdomadaire britannique de vulgarisation scientifique New Scientist, à paraître samedi.
Le texte final est ensuite comparé à l'original, d'où les scientifiques tirent quelques conclusions sur les priorités du cerveau humain. Tout ce qui s'apparente à des "potins", à des problèmes de fidélité et d'infidélité, aux relations des gens entre eux, est transmis avec un maximum de précision.
En revanche, toutes les informations descriptives sur les individus eux-mêmes ou leur environnement immédiat ont été sujettes à distorsions. Ce qui suggère, concluent les psychologues, que de fouiner dans la vie privée des autres et comprendre les relations qu'ils entretiennent entre eux est un mécanisme de survie capital.
"L'intelligence des primates a pu évoluer en s'attachant à résoudre des problèmes sociaux complexes, comme les changements d'alliances au sein des groupes ou le fait de faire face à une déception", commente Alex Mesoudi, chercheur à l'université de Saint-Andrews. "Il est possible que l'intelligence humaine d'aujourd'hui garde des traces de ce processus de sélection, sous la forme d'une meilleure mémorisation des informations sociales", ajoute le chercheur.
Ces travaux doivent faire l'objet d'une publication dans une revue spécialisée, le British Journal of Psychology.